Un lettre d’amour dédiée à mon café

Par Mathilde Langevin de Musings by M 

 

Notre machine blanche-crème me regarde langoureusement.

Accotée au mur, elle attend que je la réveille. Elle me propose toujours plus d'une option, dépendant de ce dont j'ai envie aujourd'hui.

Par expérience, je sais que ses boutons sont doux au touché. Certains jours, j'ai envie d'être audacieuse — d'autres, je préfère rester vanille. Avant elle, nous le faisions à l'ancienne: moudre les grains et les presser, pour ensuite en extraire le breuvage parfait.

Quelle que soit la méthode, son résultat justifie toujours les moyens.

Le mousseur à lait attire mon regard et me rappelle le souvenir de ses talents. La poudre de matcha se trouve à côté, sur le comptoir. Je me rappelle son goût amer, qui se transforme ensuite en douceur. Son effet calmant m'énèrgise en même temps. On y met normalement plus de temps à perfectionner, mais je sais que je suis équipée pour le faire.

Entre les deux, la teneur en caféine est presque la même. Mais tandis qu'il me fait me sentir le réconfort et me donne l'impression d'être en santé parfaite, elle me fait croire que je suis à mon affaire et puissante. Les deux font bouger les choses et réduisent mon envie incessante de grignoter.

Un arôme d'arabica ressort de la machine. Elle est chaude et elle est prête à agir. Son design épuré me fait rêver.

- Tu sais que j'offre du décaféiné?, murmure-t-elle.

- Mais moi je n'épuiserai pas ton énergie, répond-il. Et je renforce ton système immunitaire...

- Mais je stimule ton métabolisme...et je t'aide à brûler du gras..et j'améliore ta mémoire, dit-elle.

- Préfères-tu réduire ton stress, ou l'augmenter? ajouta-t-il. Ouf.

- Arrêtez de trop penser..., me chuchote-t-elle.

Écoute, Matcha... je connais ce dont tu es capable de me faire ressentir. Je sais que ce que nous avons ne peut se reproduire ailleurs. Je sais que tu peux réduire mes chances d'avoir le cancer et je sais que, parfois, c'est toi le meilleur choix. Je sais que tu peux me faire plaisir.

Sauf que ceci est peut-être le cas du "gentil garçon qui termine en dernier." L'amour n'est pas quelque chose que nous forçons; c'est quelque chose que se nourrit et grandit au fil du temps.

Une connexion peut être récoltée entre deux personnes seulement si elle a déjà été plantée chez chacune d'entre elles. Peut-être que c'était le destin, qu'on se croise pendant cette vie.

Mais peut-être, aussi, que ce n'était pas le bon moment pour être ensemble.

Je crois que nos chemins vont encore se croiser. Sauf que pour l'instant, je dois être ailleurs.

Et cet endroit, c'est ailleurs avec une substance sombre et magique. Une substance qui parvient sans faute et au quotidien à transformer ma langueur en efficacité, et qui en dit long lorsqu'elle me chuchote:

"Vas-y, beauté...fonce."



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