Le point G, vraiment?

Par Sabrina Leblanc de SomeonexSomeday

Un peu plus haut je crois et j’y suis.  Deux ou trois centimètres encore. Si je tasse mon doigt vers la droite, c’est mieux? Et si je bouge comme ça? 

Tu te demandes ce qu’il a tant à vouloir le trouver. Toi-même, tu y as déjà consacré beaucoup de ton temps dans tes petites séances solo. Ce n’est pas une chasse au trésors, Simon. Le point G, c’est pour le Dr Ernest Gräfenberg, pas pour Gosse-moi l’intérieur de la cavité jusqu’à ce que tu l’aies trouvé. Mais si jamais ça arrive, promis je crierai BINGO.

Le fameux point G. Existe-t-il? Est-ce un mythe? Honnêtement en 2020, ce n’est même plus la question à se poser.  Mais bon, si on avait une map, je vous dirais de vous mettre sur la ligne de départ à l’entrée du vagin, de continuer tout droit sur 2 à 5 cm, puis de diriger votre doigté vers le haut pour arriver à destination (dans le cas où la personne ayant un vagin soit couchée sur le dos). Le stimuler pourrait créer une sensation d’envie d’uriner, et même entraîner l’éjaculation féminine. Au contraire, vous ne ressentez rien? En fait, vous ressentez une sensation physique, mais peut être qu’il ne s’agit tout simplement pas de plaisir? Pas de panique, vous n’êtes pas seule.

Mettre toute son énergie à essayer de trouver son point G, c’est un peu comme faire le processus d’audition d’Occupation double. Tu fais du mieux que tu peux, tu es excitée à l’idée de vivre quelque chose de soit disant extraordinaire (sans trop savoir pourquoi d’ailleurs), tu ne sais pas vraiment comment faire mais tu prends en note quelques conseils ici et là, pis finalement on te dit: «on va faire ça aux îles de la Madeleine s’t’année, parce que le Brésil est inaccessible». Allo la déception. Bien entendu que c’est cool les îles, mais on a tellement essayé de te convaincre que le Brésil était ce qui avait de mieux pour toi et que rien n’était comparable que tu l’as intégré en toi. Même Simon est encore certain que ça te prend ça pour vivre la plus belle expérience de ta vie, parce que tsé, il connait ça, lui, le brésil…

En 2020, la question est plutôt à savoir pourquoi faudrait-il autant mettre la main (ou plutôt le doigt) sur le point G si la sexualité que vous vivez est déjà épanouissante et satisfaisante? La déception de ne pas le trouver, c’est normal et légitime (même si les recherches ne démontrent pas hors de tout doute son existence). Toutefois, cette pression qu’on met sur les femmes peut devenir un frein au plaisir. Il ne faut pas oublier et négliger toutes les autres zones du corps qui peuvent s’avérer pour certaines femmes beaucoup plus stimulantes et plaisantes que la pénétration ou la stimulation du point G. Ne dictons pas aux femmes ce qu’elles devraient préférer et écoutons plutôt leurs besoins en matière de plaisir sexuel. S’il le faut, ce sera aux îles de la Madeleine. Alors Simon, changement de cap!

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